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Média

ITV sur France 3 - lors de la rétrospective Katherine Roumanoff au musée d'art contemporain Bohin.

80 oeuvres exposées, des portraits d'art textile dans la mouvance de l'art singulier s'inscrivant déjà dans une démarche d'art recyclage. #artsingulier 

Cette page rassemble articles, entretiens, regards critiques et documents audiovisuels autour du travail de Katherine Roumanoff.
Ces publications accompagnent et éclairent une démarche développée au fil des séries, sans s’y substituer.

Artile e presse consacré à Katherine rroumanoff pour son expo au centre d'art contemporain. février 26
arution presse Katherine rouamnoff Nevad'art

Cette page rassemble articles, entretiens, regards critiques et documents audiovisuels autour du travail de Katherine Roumanoff.
Ces publications accompagnent et éclairent une démarche développée au fil des séries, sans s’y substituer.

Article paru dans nevad'artitv de katherine rumanoff artiste textile
Capture d’écran Article de presse itv paru dans le magaeine Nevad'art à l'autmne 2025

Presse écrite - Entretien avec Katherine Roumanoff paru dans Nevadart

(Automne 2025)
Portraits cousus de sens et de lumière

Depuis trente ans, Katherine Roumanoff vit et travaille au bord de la Loire, à proximité d’Angers. Artiste pluridisciplinaire, tour à tour designer, illustratrice, autrice, elle puise dans son amour profond des tissus pour composer des personnages en quête de réconciliation. 


• Katherine, pour avoir matière à création, vous collectionnez des tissus venus des quatre coins du monde. Comment est née cette passion pour les textiles ?


Je porte un amour profond et ancien pour les tissus. Dans les années 70, mes parents importaient des vêtements et objets de décoration orientaux ; je portais des gilets matelassés brodés, et je jouais à la marelle sur des tapis d’Afghanistan. Je suis fascinée par les motifs, les arabesques qui répliquent des formes végétales. La symétrie parfois, la répétition toujours, les pleins, les vides, les déliés. Les matières peuvent renvoyer des couleurs extraordinaires. Aussi, le tissu parle des êtres humains, des savoir-faire, des cultures, de la transmission, des intentions, de la richesse, de la démonstration d’opulence ou de sobriété. Le textile est un langage. De la naissance au linceul, il nous enveloppe, nous protège, nous accompagne.

 

• Vous avez abandonné vos pinceaux il y a trente ans, le tissu peut-il tout exprimer ? 

En tant que designer, j’ai dessiné des motifs textiles, mais c’est en créant des costumes de théâtre que tout a commencé. J’ai corrélé les couleurs, les matières et les motifs avec les caractères des personnages. Les costumes servaient de décor et de messages pour transmettre aussi les intentions du metteur en scène. J’ai gardé de cette expérience l’idée de figure dont la personnalité est révélée par le choix des matières, des couleurs et des motifs. J’avais composé ma palette textile auprès des éditeurs de tissus d’ameublement comme Edmond Petit, Manuel Canovas, Boussac, Rubelli, Pierre Frey. Impossible de jeter les chutes de ces véritables merveilles : c’est avec elles que j’ai commencé à créer des portraits textiles.

Je découpe directement dans la matière comme Matisse avec ses papiers découpés, sans dessin préalable. Et j’assemble. Ce qui est pratique évidemment avec le collage, c’est que l’on peut faire beaucoup d’essais avant de trouver une composition.

Une simple morceau de tissu est porteur d’une multitude d’informations. Un velours renvoi la couleur selon son orientation, ce qui n’est pas le cas d’un tissage qui absorbe la lumière. Les tissus sont aussi porteur de l’époque où ils ont été inventé : une toile de Jouy nous transporte dans le boudoir d’un château, des petits motifs géométriques et répétitifs nous emmène dans une époque plus récente. La juxtaposition des formes découpées de petites tailles ou en grandes masses, la mixité des motifs, les couleurs disposées en camaïeux ou en tension offrent des possibilités infinies, je questionne la matière et les codes et complète par des ajouts de peinture.

• Vous êtes hypno praticienne. Votre pratique de l’hypnose influence-t-elle votre travail ?


Oui, à plusieurs niveaux. Quand je crée, je suis sans doute proche d’un état de transe : j’ai la sensation de me laisser guider par les matières, les motifs, les couleurs.

L’hypnose m’a aussi permis d’approfondir ma connaissance des mécanismes de l’inconscient, des mémoires enfouies, des blessures transgénérationnelles. Le visage révèle ce qui ne peut se dire, ce que l’on cache. Il parle malgré nous des peurs, des désirs et des forces invisibles qui nous traversent et nous façonnent. Il en dit plus que ce dont nous avons conscience.  Ce qui m’intéresse, c’est d’inscrire sur la toile l’instant dense et fugitif où l’âme s’échappe.

Pour le côté thérapie personnelle, ma démarche s’apparente à une tentative de réunification. Je prends toutes sortes de matières éparses pour en faire une unité harmonieuse. C’est une sorte de quête spirituelle : prendre en compte l’épars et créer une composition qui rassemble et dessine un chemin, une pensée, une proposition de voyage intérieur.

• Votre série Oppressed Women mêle concept, récit et émotion ?

Katherine Roumanoff : Effectivement, j’ai créé des personnages textiles en volume que j’ai placés dans des poches transparentes avant de les écraser et de les faire saigner. C’est symbolique des oppressions faites aux femmes partout dans le monde. Quand je retire l’air, comme pour la conservation des aliments carnés, j’assiste à une métamorphose violente, inexorable. Les visages se fanent, se rident, se figent sous la feuille plastique. J’en libère ensuite certaines pour leur offrir une forme de résilience. Je les épingle comme des papillons avant de les encadrer. Le parcours de l’œuvre devient aussi intéressant que le résultat. Ces femmes oppressées puis épinglées sont à la fois décoratives et conceptuelles.


• Comment le public accueille-t-il ce nouveau concept ?


Avec beaucoup d’émotion. Cette collection de femmes opprimées ne laisse personne indifférent. Je l’ai montrée pour la première fois lors d’une exposition au cours de l’été dernier. Des femmes ont pleuré, certaines se sont reconnues et m’ont confiée leur parcours. J’avais préparé des textes pour présenter ma démarche, mais les œuvres parlent d’elles-mêmes. Nous portons les traces de notre passé, de nos emprises, mais aussi de nos espérances. Cette série est dans la continuité de mon travail car je n’ai jamais voulu dire autre chose.

La question qui se pose, c’est la suite : comment fait-on pour vivre avec des blessures visibles ou invisibles ? Peut-on guérir d’un traumatisme, se réparer, recoudre ses blessures et aller de l’avant ? Mes personnages sont à la croisée des chemins. Vont-ils sombrer, se reconstruire, voire renaître de leurs cendres ? J’appelle à la puissance que chacun peut contacter en soi.


• L’aspect psychologique prend toute la place dans votre recherche singulière? 


L’aspect psychologique réside dans ma nature profonde. En mettant en scène des personnages seul à seul, en relation avec la nature, avec eux-mêmes, ou à deux, je m’intéresse à la relation que l’on entretient avec soi-même, à nos dialogues intérieurs, à nos hésitations du cœur. Je cherche à révéler, à dévoiler le mystère de nos fonctionnements. Par exemple, l’oiseau – dans ma série sur l’oiseau - représente l’émergence d’une idée qui vient de l’intérieur comme une révélation ou de l’extérieur comme une proposition nouvelle qui va susciter un bouleversement. C’est un message : tout se joue en permanence alors tout est possible.

Finalement, mon travail est une recherche et cette recherche est un voyage, celui que chacun fait au cours de sa vie pour se rapprocher de plus en plus de lui-même. 

J’espère que de mes œuvres se dégage une certaine beauté, celle de l’harmonie, de l’apaisement, de la sérénité, ainsi qu’une poésie, celle du plaisir d’exister dans une ouverture au monde. C’est ce que je souhaite à tous : que chacun et chacune se glisse à l’intérieur de lui-même et accepte sa propre multitude, sa richesse intérieure infinie et que cette acceptation ouvre toutes les portes.

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Article de presse paru dans Burda, sur les portraits textiles de katherinarticle presse Burda.png roumanff
double page magazine sur les portrait textile de katherine roumanoff pour son exposition au musée textile de wesserling

Presse écrite

« Objets de sa passion depuis toujours, les tissus ont remplacé les tubes de peinture de Katherine Roumanoff. Les premiers qui lui donnèrent l’idée de ses portraits gisaient en chutes au pied des costumes de théâtre de l’Avare qu’elle était en train de confectionner ; happée par ces morceaux de couleur et de lumière, elle en fit son premier tableau textile représentant Harpagon avec les morceaux mêmes de son costume.

(...) Très sensible également à ce qu’expriment ces tissus d’ameublement de très grande qualité récupéré, ou offerts, Katherine Roumanoff se trouve avec chacun d’eux en résonance avec une époque, une histoire sociale, un contexte de fabrication, un mode d’impression ou de tissage (...)

Ce voyage dans l’univers de l’artiste prend ses vraies couleurs au cœur de son atelier, au milieu des chutes éparpillées sur le sol et au gré des croquis qui ont parfois ébauché ses intentions.”

Véronique Maksud - JOURNALISTE - Magazine Burda

photo presse  de l'artiste devant une toile sculpture mentale

" Des toiles sculptées qui sont à mi chemin entre le tableau et la sculpture, une technique mixte qui s'inscrit dans l'art contemporain du recycling. Un exercice périlleux, plein d'audace où l'oeil s'il veut bien chercher, retrouve l'identité des objets obsolètes, abandonnés et réanimés au sein d'une oeuvre d'une blancheur porcelaine. Dès lors le portrait prend toute sa splendeur et ne laisse à voir que l'expression emplie de poésie du visage magnifié. L'atelier de Katherine Roumanoff, véritable caverne d'Ali Baba, déborde de ressources en tous genre qui attendent, patiemment agglutinés, leur prochaine renaissance. OUEST FRANCE Octobre 2021

Critique d'art

"Les choix de couleurs de l'artiste sont audacieux, superposés et chargés d'émotion. On y retrouve une compréhension claire de la façon dont les motifs floraux et les tons saturés interagissent pour créer une harmonie visuelle, même au sein d'une surface riche et complexe.

Concernant les formes, les compositions globales reflètent un sens aigu de la forme et de l'équilibre, malgré la complexité de la superposition textile.

La répétition et la variation des motifs floraux, géométriques et figuratifs créent un rythme visuel, permettant au regard de parcourir l'œuvre avec fluidité sans être submergé.

La texture est l'élément technique le plus convaincant. L'artiste manipule magistralement le tissu, à la fois comme couleur et comme matériau, créant une surface à la fois tactile et picturale.

Le choix du médium, vraisemblablement un mélange de coton, de soie, de brocart et possiblement de textiles recyclés, renforce la charge culturelle et émotionnelle de l'œuvre.

De mon point de vue, la force du portfolio réside dans sa narration émotionnelle à travers la matérialité, et dans sa capacité à réinventer le portrait figuratif à l'aide de textiles, d'une manière à la fois culturellement résonnante et formellement innovante.

L'œuvre de l'artiste s'adresse à un public large et exigeant, notamment aux collectionneurs et aux conservateurs d'art textile et fibreux, en particulier à ceux qui recherchent des œuvres alliant artisanat et profondeur conceptuelle."

Ainhoa Fernández - Curatrice, journaliste - Avril 2025.

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"Le travail de Katherine Roumanoff vient de loin, il n’est pas né de rien, mais d’une longue lignée répertoriée dans les arts décoratifs et les beaux arts, à la croisée des grandes civilisations et des antiques cultures : on en retrouve les traces dans l’art précolombien, dans l’art amérindien (on pense aux fameux plastrons de tissus appliqués dans les îles proches de Panama), dans l’art japonais ancien et contemporain, (notamment chez Ayako Miyawaki), dans les techniques savantes des courtepointes américaines, chez  les singuliers de l’art adeptes de l’arte povera, plus près de nous dans les collages cubistes de Picasso et de Braque, les papiers de Matisse bien sûr, les assemblages textiles de Sonia Delaunay, les  travaux de couture surréalistes de Bona de Mandiargues, et bien d’autres encore.
 

Katherine Roumanoff accomplit là une nouvelle variation de cet art, naïf et toujours inédit, où excellent ses mains virtuoses, mais où s’accomplissent surtout d’autres enjeux, plus profonds, plus spirituels.

Il vient donc, cet art, de cultures lointaines mais encore du plus loin de soi-même. Rien n’est innocent dans la création : d’où l’artiste a-t-elle tiré les fils de ces portraits ? De quelles pelotes, de quelles bobines inconnues ? D’où viennent ces visages aux faux airs de Marie Laurencin, soudain apparus ? De quelles obscures profondeurs, Katherine Roumanoff a-t-elle ramené paradoxalement ces joyeuses ou énigmatiques figures ?

Il y a chez elle,  n’en doutons pas, une lumière, une clarté, une naïveté  au sens proche du terme, c’est-à-dire près de la naissance, que son visage trahit.  Il faut ce visage-là pour atteindre à la farandole joyeuse qu’elle a créée. Pour rejoindre cette lumière. Une lumière et une grâce.

Le second « métier » de Katherine Roumanoff est d’aider ses patients à atteindre apaisement et sérénité.  Il y faut aussi de la lumière. Et un certain état de grâce pour s’en approcher. Dès lors, l’on comprend mieux sa galerie de portraits : surgie de l’enfance, d’un printemps généreux, elle délivre des pans entiers d’un temps jamais disparu mais qui sommeille en nous, celui des jours heureux, des jeux facétieux et des vertes années : les visages ronds comme des pommes d’api, les yeux largement étonnés sur un monde tout neuf, et c’est tout un univers qui surgit, celui des mémoires trop vite ensevelies mais toujours présentes, et surtout restées intactes.

Quelquefois une mélancolie s’empare de ses visages, si la plupart arborent la juvénilité des assemblages d’Arcimboldo, si un printemps floral explose sous leurs traits, leur fraîcheur n’est cependant pas éternelle, l’hiver peut surgir et roses alors elles auront vécu ce que vivent les roses, comme dirait le poète angevin...

Katherine Roumanoff est ce que je pourrais appeler « une éveilleuse de l’enfance » : elle n’est pas comme ces Parques qui, jadis, dans les temps mythologiques, oeuvraient sans compassion, à couper le fil de nos vies. Avec des ciseaux et des bouts de tissus rehaussés de peinture, avec humilité, elle retisse au contraire nos vies, elle les recoud d’une certaine manière, et en bonne fée, sans fil ni aiguille, comme dans les contes, elle nous rend à la joie des jours premiers, à l’émerveillement et à leur innocence, sans pour autant nous leurrer sur l’inévitable cruauté du temps qui passe."

Alain VIRCONDELET - Biographe - Historien de l'art - Février 2019 

"Il y a de la feerie russe dans ce travail... comme celle que nous a fait connaitre le jeune Kandinsky lorsqu’il est arrive à Paris. Une poétique fantasque... Une sorte de baroque slave melangee aux couleurs fauves. Matisse, Van Dongen, Gauguin... Pour Katherine Roumanoff, ils repréentent une pluie de reminiscences. Si elle avait vécu à l’aube du XXème siècle, elle aurait inventé le collage avant Picasso, utilisé le papier peint avant Braque. Mais peut etre pas. Le monde qu'elle cree est intime, tactile, feminin. Des centaines de personnages traversent son imaginaire. Elle semble les chercher dans un reve riche, son enfance, où tout est déjà arrivé. Rarement en pieds, presque toujours de face, un à un, elle les place dans des rectangles et carrés séparés, comme sur des icônes russes. Leur charmante existence consiste dans des morceaux de textile très colorés, découpés puis rejointoyés, rehaussé de peinture. Petits visages déformés, yeux dépareillés, accoutrement coquet et attributs, ses personnages ont l'allure d'étonnantes marionnettes qui portent en elles d'innombrables secrets. Des signes précis, à peine visibles dévoilent l'identité de la représentation qui en elle-meme, comme dans l'icone orthodoxe, n'est qu'une figure de style. Découpés, superposés, les matériaux utilisés par Katherine Roumanoff associent une géométrie irrégulière à une poésie de la couleur. Plus que la simple peinture, les morceaux de tissus, souvent imprimes avec des motifs floraux, theatralisent ses personnages. Ils deviennent ainsi palpable sémouvants, et pittoresques. ... Mélancolie, panache, fraicheur..."

Iléana Cornea - Paris - Janvier 2007 

"Les toiles de Katherine Roumanoff donnent à voir la complexité des êtres humains saisis dans un instant dense et fugitif. On peut y lire un destin : des traces de l’enfance à l’empreinte de l’âge mûr, le va-et-vient entre les désirs secrets, les bonheurs imaginés et les coups d’arrêt du désespoir. Ses portraits nous renvoient à ce que nous sommes en nous mêmes, à la symphonie de nos émotions et à nos blessures secrètes. L’épaisseur des pièces de textiles assemblées dessine autant de rêves et de désirs. Comme ces personnages, nous sommes faits de pièces et de morceaux qui se sont assemblés au cours de notre histoire. Nos actions et nos pensées nous portent tantôt vers plus de cohérence tantôt vers plus de conflits, et tout ce qui arrive s’inscrit sur la toile de notre vie et de notre caractère. C’est tout le mystère de la vie qui se trouve exposé."  

Colette Roumanoff, auteur

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